Période d'essai en alternance : comment ça marche vraiment ?

Guides

Période d'essai en alternance : comment ça marche vraiment ?

Romain Gobert, fondateur · Mis à jour le 9 juillet 2026 · 5 min

En apprentissage, il n'y a pas de « période d'essai » classique : à la place, le contrat peut être rompu librement par toi comme par l'employeur pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise (consécutifs ou non). En contrat de professionnalisation, c'est différent : comme il s'agit d'un CDD ou d'un CDI ordinaire, c'est la période d'essai de droit commun qui s'applique. Autrement dit, ta situation dépend d'abord du type de contrat que tu as signé.

Voici, concrètement, ce que dit la loi pour chacun des deux contrats, ce que tu peux faire pendant cette période et ce qui change une fois qu'elle est passée.

Apprentissage : les 45 premiers jours en entreprise

Le contrat d'apprentissage ne fonctionne pas comme un CDD ou un CDI classique. L'article L6222-18 du Code du travail prévoit une période initiale particulière : le contrat peut être rompu par l'une ou l'autre des parties jusqu'à l'échéance des 45 premiers jours, consécutifs ou non, de formation pratique en entreprise.

Deux points sont décisifs pour bien compter ces 45 jours :

  • Ce sont des jours de présence en entreprise, pas des jours calendaires. Le temps passé au CFA (centre de formation) ne compte pas. Comme l'alternance alterne entreprise et cours, il te faut donc souvent bien plus de 45 jours de calendrier pour atteindre 45 jours de formation pratique.
  • « Consécutifs ou non » : si un arrêt (maladie, par exemple) suspend ton contrat, les jours de suspension ne sont pas décomptés. Le compteur reprend ensuite là où il s'était arrêté.

Pendant ces 45 jours : une rupture libre

C'est la grande spécificité de l'apprentissage. Pendant cette période initiale, toi comme ton employeur pouvez rompre le contrat librement, sans avoir à donner de motif. La rupture doit simplement être constatée par écrit et notifiée aux organismes concernés (le CFA et l'opérateur de compétences notamment).

En principe, cette rupture pendant les 45 jours ne donne lieu à aucune indemnité, sauf si ton contrat prévoit expressément le contraire. C'est l'équivalent, pour l'apprenti, de la souplesse d'une période d'essai : de part et d'autre, on peut se rendre compte que ça ne colle pas et arrêter simplement.

Contrat de professionnalisation : la période d'essai de droit commun

Le contrat de professionnalisation, lui, est un CDD ou un CDI ordinaire. Il n'y a donc pas de régime spécial des « 45 jours » : c'est la période d'essai de droit commun qui s'applique, exactement comme pour n'importe quel salarié.

  • Si ton contrat de pro est un CDI : la période d'essai suit les durées légales du CDI (de l'ordre de 2 mois pour les employés et ouvriers, davantage pour les techniciens et cadres), renouvellement éventuel compris.
  • Si c'est un CDD : la période d'essai est plus courte et calculée en fonction de la durée du contrat (à raison d'un jour par semaine, dans une limite légale).

Pendant cette période d'essai, chacune des parties peut mettre fin au contrat en respectant un délai de prévenance, sans avoir à se justifier. Les durées exactes dépendent de ta catégorie professionnelle et de la durée du contrat : vérifie-les sur service-public.gouv.fr. Pour bien comprendre ce qui distingue les deux contrats, vois notre guide apprentissage ou contrat de professionnalisation.

Après la période d'essai : une rupture bien plus encadrée

Une fois la période initiale passée, on ne rompt plus « librement », dans les deux types de contrats.

En apprentissage, après les 45 jours, la rupture n'est possible que dans des cas précis : accord écrit signé des deux parties, force majeure, faute grave, inaptitude constatée par le médecin du travail, ou obtention du diplôme (avec un préavis). Si c'est toi qui veux partir, tu dois d'abord saisir le médiateur de l'apprentissage puis en informer ton employeur, la rupture ne prenant effet qu'après un délai.

En contrat de pro, une fois la période d'essai terminée, les règles de rupture sont celles du CDD ou du CDI classique (rupture anticipée très encadrée pour un CDD, procédure de licenciement ou de démission pour un CDI).

On ne détaille pas ici toutes ces procédures : elles sont expliquées pas à pas dans notre guide dédié rompre un contrat d'alternance.

Tes droits pendant cette période

Que tu sois en apprentissage ou en contrat de pro, la période d'essai (ou les 45 premiers jours) ne réduit en rien tes droits de salarié : tu es rémunéré selon la grille de l'alternance, tu es couvert par la protection sociale et tu comptes dans les effectifs. Pour savoir combien tu dois toucher, vois notre guide du salaire en alternance 2026.

À retenir

La période d'essai en alternance dépend de ton contrat. En apprentissage, pas de période d'essai classique : rupture libre des deux côtés pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise (jours de présence, hors CFA), puis un cadre strict. En contrat de pro, c'est la période d'essai de droit commun du CDD ou du CDI. Dans tous les cas, tes droits de salarié restent entiers.

Disclaimer (juillet 2026) : les règles citées sont celles vérifiées en juillet 2026 sur les sources officielles (Code du travail art. L6222-18, service-public.gouv.fr). Le droit du travail évolue et les durées peuvent varier selon ta situation. Vérifie toujours ta situation précise sur service-public.gouv.fr avant toute démarche, et rapproche-toi de ton CFA ou du médiateur de l'apprentissage en cas de doute.

Calcule ton salaire exact en 30 secondes
Ton âge, ton contrat, ton année → ton net estimé.
Ouvrir le simulateur →

Questions fréquentes

Y a-t-il une période d'essai en apprentissage ?
Pas de période d'essai classique. À la place, l'article L6222-18 du Code du travail prévoit que le contrat d'apprentissage peut être rompu librement par l'apprenti comme par l'employeur jusqu'à l'échéance des 45 premiers jours, consécutifs ou non, de formation pratique en entreprise. C'est l'équivalent d'une période d'essai, avec des règles propres à l'apprentissage.
Comment se comptent les 45 jours de la période d'essai en apprentissage ?
Ce sont 45 jours de formation pratique en entreprise, c'est-à-dire des jours de présence chez l'employeur. Le temps passé au CFA ne compte pas, et les jours de suspension du contrat (arrêt maladie par exemple) ne sont pas décomptés. Comme l'alternance alterne entreprise et cours, il faut souvent bien plus de 45 jours de calendrier pour les atteindre.
Quelle période d'essai pour un contrat de professionnalisation ?
Le contrat de professionnalisation est un CDD ou un CDI ordinaire : c'est donc la période d'essai de droit commun qui s'applique, comme pour n'importe quel salarié. En CDI, elle est de l'ordre de deux mois pour les employés et ouvriers (plus longue pour les cadres) ; en CDD, elle est plus courte et calculée selon la durée du contrat. Vérifie les durées exactes sur service-public.gouv.fr.
Peut-on rompre librement un contrat d'apprentissage pendant les 45 jours ?
Oui. Pendant les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, l'apprenti comme l'employeur peuvent rompre le contrat sans avoir à donner de motif. La rupture doit simplement être constatée par écrit et notifiée au CFA et à l'opérateur de compétences. En principe, elle ne donne lieu à aucune indemnité, sauf clause contraire du contrat.
Que se passe-t-il après la période d'essai en alternance ?
La rupture devient beaucoup plus encadrée. En apprentissage, après les 45 jours, elle n'est possible que par accord écrit des deux parties, pour force majeure, faute grave, inaptitude ou obtention du diplôme, et l'apprenti qui veut partir doit d'abord saisir le médiateur de l'apprentissage. En contrat de pro, ce sont les règles du CDD ou du CDI qui s'appliquent. Le détail est expliqué dans notre guide sur la rupture d'un contrat d'alternance.

Romain Gobert, fondateur d'Alternance.fr. Il décrypte le salaire, les aides et les contrats en alternance à partir des textes officiels (Légifrance, BOSS, service-public).

LinkedIn · Qui sommes-nous

Pour aller plus loin